Publié le vendredi 16 octobre 2009 à 07H30
Connu depuis le mois de juin par le CEA, cette "surcharge" de plutonium n'a été transmise à son autorité de contrôle que le 6 octobre. Cela a provoqué l'inspection de l'ASN le 9 octobre, le PV et la suspension temporaire de l'activité.
À Cadarache, cette "affaire" éclate alors que le site célèbre aujourd'hui ses cinquante.
Photo Reuters
"Les choses sont claires. Les procédures d'information de l'Autorité de sûreté nucléaire n'ont pas été respectées par le CEA de Cadarache. Nous transmettons notre PV au procureur d'Aix qui
jugera des suites à donner." Laurent Kueny, chef de la division de Marseille de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) résume rudement l'incident de niveau 2 -sur une échelle qui en compte
7- qui a débouché sur la suspension de l'activité de démantèlement de l'atelier de technologie du plutonium, le 9 octobre dernier.
Et qui gâche singulièrement, aujourd'hui, la fête du 50e anniversaire de Cadarache. Ni Christine Lagarde, ministre de l'Économie, ni Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, annoncés à la
cérémonie, ne seront présents. "L'incident, qui porte sur la découverte d'un stock de plutonium de 39 kilos dans l'atelier arrêté depuis 2003 - des poussières, rebuts accumulés lors des 40
ans d'exploitation alors que le CEA ne comptabilisait que 8 kilos -, n'a eu aucune conséquence environnementale et humaine, reprend Laurent Kueny. Mais il y a eu une vraie faute
-d'ailleurs le PV porte sur un délit- par manque d'information de l'ASN."
Connu depuis le mois de juin par le CEA, cette "surcharge" de plutonium n'a été transmise à son autorité de contrôle que le 6 octobre. Cela a provoqué l'inspection de l'ASN le 9 octobre, le PV
et la suspension temporaire de l'activité. "On me parle d'un coup de fil passé à l'époque, reprend Laurent Kueny.Nous n'en avons aucune trace et de toute façon, la procédure
officielle, envoi d'un fax à la direction régionale et au siège national, avec descriptif de l'incident, classement et mesures, n'a pas été respectée."
Ou du moins quatre mois après. Hier, au CEA, sans polémiquer sur cet étonnant retard, on rappelait que l'incident, en milieu confiné, n'a eu aucune répercussion. Mais, comme en
2007 quand l'ASN avait pointé des "lacunes importantes" dans l'atelier en cause, le manque de transparence sur cette affaire a secoué le monde politique. Le ministre de l'Écologie,
Jean-Louis Borloo "regrettait profondément le délai entre découverte et déclaration". Élus et associations écolos ont fait part de leur "vive inquiétude", comme Michel
Vauzelle.
"On nous fait croire que le nucléaire est une industrie contrôlée au gramme près et on 'égare' plus de 30 kg de plutonium", résumait hier Stéphane Lhomme, pour le réseau Sortir du
nucléaire. Je m'interroge aujourd'hui sur un possible trafic entre la France et les USA autour de cette matière. Cela confirme que cette activité, par nature, n'est pas transparente."
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