Fret ferroviaire : les industriels s’impatientent face aux politiques
TRANSPORTS – « Le timing des industriels n’est pas le timing des gens qui décident ». L’euphémisme est de Franck Riboud, le pdg de Danone. Jeudi matin, une cinquantaine d’acteurs du monde économique (industries, transports et logistique) ont débattu à la CCI de Lyon de l’urgence à développer le fret ferroviaire entre la France et l’Italie. Alors que le corridor ferroviaire Barcelone - Lyon - Turin - Budapest ne devrait pas se concrétiser avant une quinzaine d’années, ces responsables demandent aux gouvernements français et italien de prendre des décisions pour augmenter dores et déjà le tonnage fret…
Trois millions de camions franchissent désormais chaque année les Alpes. Un seuil que ces patrons estiment maximum. « Son dépassement serait ingérable», préviennent-ils. D’où leur requête d’augmenter les possibilités de fret. Ils demandent aux gouvernements français et italiens d’accélérer l’amélioration des lignes existantes, de faciliter l’émergence de solutions commerciales compétitives et, surtout, condition sine qua none du développement du fret, de définir des standards techniques communs aux deux pays et susceptibles de servir de base au futur corridor européen.
Ces grands et petits patrons ne veulent plus compter leur temps d’attente en décennies et demandent à ce que ces aménagements soient réalisés « d’ici 2010 ». Selon leurs estimations, cela permettrait d’augmenter de 17 millions le tonnage de fret annuel et de réduire en conséquence de 700000, le nombre de camions sur les routes des Alpes.
« L’impression que j’ai, c’est que l’on met toujours en avant des durées, des difficultés. Mais, qu’au final, on tourne en rond », explique Franck Riboud. Selon lui, ces difficultés pourraient être surmontées par un travail franco-italien concret, « pas forcément à haut niveau », mais qui prendrait les problèmes techniques, les uns après les autres pour les régler. Et le pdg de Danone, de rappeler, exemple du transport d’une bouteille d’Evian à l’appui, que le fret présentait des bilans écologiques incomparables à ceux de la route.
Alice Géraud

trace, tracé c'est pareil,
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